Waël a lu Debout-payé

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Debout payé vu par Waël.

Avez-vous déjà imaginé être à la place d’un vigile ? Jouer son métier, voir avec ses yeux, interpréter ce qu’il voit… Il y a de fortes chances que non, puisque cette personne est souvent invisible et ce métier peu envieux comme le dit très bien son auteur :

«Ceux qui ont déjà une expérience du métier savent ce qui les attend les prochains jours : rester debout toute la journée dans un magasin, répéter cet ennuyeux exploit de l’ennui, tous les jours, jusqu’à être payé à la fin du mois. Debout-payé. Et ce n’est pas aussi facile que ça en a l’air.»

Pourtant c’est ce que nous propose Gauz dans son roman, Debout-payé.  Il y décrit les servitudes et les évolutions du métier depuis le renforcement du danger terroriste (mais qui reste toujours mal payé) et y dépeint la société de consommation puisque le vigile a un poste privilégiée pour l’observer.

Entre ces interludes drôles, conscientes et acerbes où ce « garde floko » devient un sociologue, ethnologue noir à Paris, Gauz raconte les trois âges de l’immigration africaine. Chacun incarné par un personnage.

En effet, Ferdinand symbolise « les années de bronze » et les années 1960-1980. Il  précède l’arrivée d’Ossiri qui profite lui de l’âge d’or (1990-2000) ; contrairement à Kassoum arrivé à Paris après 2001 et  qui subit de plein fouet la paranoïa sécuritaire.

Ce roman nous apprend beaucoup de choses et est une invitation à se questionner sur la société de consommation, sur la (non) circulation des hommes … mais aussi sur notre alimentation et notre agriculture :

« A la maison (ndlr : le narrateur raconte son enfance en Afrique), il n’y avait pas de pain au petit-déjeuner. Jamais il n’y en avait eu. Il n’y avait pas de lait, ni de beurre non plus. Igname, manioc, « riz couché », banane, sous toutes les formes et dans tous les styles de cuisson : elle (ndlr : la mère) déployait un trésor d’imagination pour qu’ils n’enviassent pas leurs camarades de classe nourris à la tartine de beurre Président, au lait concentré sucré Nestlé ou au lait concentré non sucré Bonnet Rouge. » p 96

 

Gauz, Debout-payé, roman. Editions Le Nouvel Attila, 2014.

 

Bonne lecture!

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